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olyy
13.05.2011 (Il y a 372 jours )
Books
nouvelle, fantastique, histoire

FISCHER Olivier

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Books (2 articles)
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" Mon Moi "
" Mon Moi "
Tags
fantastique histoire imaginaire nouvelle onirique roman texte écrits
" Mon Moi "
" Mon Moi "
il y a 372 jours 0 commentaires Catégories: Books Tags: nouvelle, fantastique, histoire,

Le miroir qui se présente au devant de moi est recouvert d’un vieux drap. Etonnamment je ne me pose pas la question de savoir pourquoi. J’y vois un petit espace qui, malgré tout, me laisse entrevoir un coin de mon reflet.

 

Dans ce petit coin, je n’y vois que de la couleur noir. Le pull que je porte ne me renvoie aucune teinte. Doucement je me penche vers le bas, là où s’y trouve l’espace vitreux.

 

Enfin, je me regarde avec étonnement. Surpris je me dis que je ne pensais pas être aussi laid. Non franchement, j’aurai été loin d’imaginer cela! Ce matin je crois que je ne suis pas au mieux de ma forme. Trop de travail et une fatigue excessive a fait que j’avais aujourd’hui une sale gueule comme on dit.

 

Je me penche un peu plus et aperçois mes yeux. Mon Dieu, qu’ils sont vitreux! Je crois sincèrement que cette fois je tiens une sacré grippe ou, qui sait, un de ces virus inexplicables et inexpliqués venu de je ne sais d’où et pour lequel les médecins eux-mêmes n’ont aucune explication.

 

Je recule d’un pas! Surpris et angoissé. Directement je me dirige vers la fenêtre qui, elle, laisse paraître quelques agréables rayons de soleil. Je m’approche de la vitre, lève la main et l’y appose tout contre le verre froid.

 

J’attends là un moment ne sachant que faire. Il me semble, qu’en plus de tenir une couche de virus, perdre la tête. Je ne sais plus ce que je voulais y faire.

 

Le soleil pénètre la pièce et paraît traverser la paume de ma main; un peu comme si j’y avais mis une lampe de poche de l’autre côté. Pour la première fois ce matin je remarque une couleur. C’est un rouge cristallin qui me fait remarquer que j’ai, sous cette peau, un squelette.

 

Formidable cette impression d’être soi, d’être en vie dans un corps si complexe. Je reste là à observer ce rouge teinté d’orange qui fait paraître ma peau comme transparente. Je pourrai croire à une aura. C’est magnifique…

 

Une envie de partager ce sentiment de bien-être, avec la première personne que je pourrai rencontrer, envahit tout mon être. J’aurai presque envi d’être entièrement de lumière. Que cet esprit fantomatique m’englobe en totalité et que je puisse m’envoler.

 

Jamais je n’avais eu ce genre de tentation: ouvrir la fenêtre; tendre les bras au plus haut; regarder le ciel et me laisser porter vers l’avant. Là où les vents célestes voudraient bien me porter.

 

Dans un moment de lucidité, je reprends mes esprits, regarde à nouveau ma main. «C’était merveilleux» me dis-je.

 

C’est alors que je ne remarque aucun bruit: ni ici, ni à l’extérieur. Je me dis que la ville est encore bien endormie pour un jour si ensoleillé. Mes yeux se portent vers le bas de mon immeuble, sur le trottoir, je remarque une voiture que je ne connais que trop bien: celle de ma sœur.

 

«Que fait-elle ici aujourd’hui? Peut-être que mon épouse a remarqué mon état et qu’elle l’a contactée? Peut-être suis-je malade depuis quelque jours?»

 

Dans le couloir de la maison, j’entends des bruits de pas et des paroles que je ne comprends pas. Je laisse bien vite ma fenêtre et me tourne directement du côté de la porte d’entrée de ma chambre. J’attends de les voir entrer. J’ai tellement envie de leur raconter comme j’ai ressenti ma personne sous ces rayons de soleil.

 

Debout devant la porte dont la poignée tourne doucement, je reste droit, et patiente fièrement dans l’objectif de leur montrer que je vais mieux et les rassurer. A ma droite, ce fichu torchon accroché au miroir et qui le cache, ne me laissant pas le temps de me regarder pour me recoiffer. La tronche que je dois avoir!

 

Ce n’est pas grave, maintenant il est un peu trop tard. La porte s’entrouvre doucement et laisse passer par l’interstice une fine luminosité. A croire que de l’autre côté elles sont dans le noir… dire qu’ici le soleil emplit la pièce maintenant!

 

J’attends…

 

Le temps parait si long. La porte s’ouvre.

 

J’attends…

 

Enfin un premier pas sur le parquet de la chambre donne un peu de vie autour de moi. Une chaussure à talon s’engage la première, puis une jambe dénudée jusqu’au genou suit le mouvement. Ma femme! Je la reconnais de suite. Disons que je l’ai senti plutôt. Une joie immense qui me dit que je vais les voir m’envahit en totalité.

 

Elle entre suivie de ma sœur. Je l’ai toujours bien aimée ma frangine. Depuis le début de nos relations fraternelles nous étions confidents, amis et unis dans toutes nos joies et peines. Je suis heureux de les voir. Ce sont les deux personnes qui ont toujours comptées le plus pour moi!

 

Mon Dieu comme je peux ressentir ce matin leur amour!

 

C’est aussi fort que le soleil de tout à l’heure traversant ma peau. Leur sentiment me traverse en totalité. Je n’avais jamais ressenti une telle force de bonheur.

 

Je les regarde et attends leur réaction. Quelle joie lorsqu’elles me verront debout.

 

Les deux amours de ma vie entrent, je recule d’un pas, et par là même, touche l’armoire. Par reflexe je me retourne et y aperçois un drap qui tombe de haut en bas et de tout son long. «Quelle idée de l’avoir accroché ainsi! On ne voit plus la magnifique glace!» me dis-je.

 

J’attends leur réaction et ne bouge plus.

 

Elles ne me regardent pas. Ma sœur, la seconde à être entrée, s’effondre à genoux sur le parquet depuis peu ciré.

 

Je ne comprends pas! Je reste sans voix et ne peux plus bouger!

 

De son côté, mon épouse s’approche du miroir, et, délicatement de sa main, semble remettre proprement le tissus qui le recouvre. Elle en cache le petit espace dans lequel je me suis vu tout à l’heure. Pourquoi? Puis elle se tourne dans ma direction.

 

Je lui souris! Fier de lui présenter un petit mari en bonne santé. Bien vite je perds cette joie, elle me donne l’impression de ne pas me voir. Ses yeux traversent les miens sans s’y arrêter. Puis dans un élan, elle se dirige vers la fenêtre, l’ouvre et y laisse entrer un peu d’air tiède qui me fait un grand bien. Les quelques rayons du soleil en profitent eux aussi pour finir de pénétrer dans l’ensemble de la chambre. Tout y est bon: l’ambiance sereine, cette douce chaleur venant de l’extérieur, le calme et les sentiments des deux personnes qui m’aiment le plus au monde.

 

J’observe tendrement ma sœur, qui elle pleure avec douceur, à genoux par terre. J’observe la direction de son regard et le suit…

 

C’est à cet instant que je comprends sans aucune crainte que j’en ai fini de tout ici bas.

 

Là, dans le lit, il y a mon Moi.

 

----------

 

Olivier FISCHER 2006-27 Mars 2011

CopyrightDepot : numéro de détenteur : 00049161 - Copyright numéro : 00049161-2

 

Copyright Olivier Fischer octobre2008 -Conformément au Code de la propriété intellectuelle, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage et ses illustrations, et ce, par quelque moyen que ce soit, sans l'autorisation préalable de l'auteur. «Mon moi» et tous ses personnages sont la propriété de FISCHER Olivier. Editions La Plume Noire, SimpleEdition et Feedbooks

LibertéLiberté
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